Colloque international / International Symposium

    COLLOQUE INTERNATIONAL

Écrans Noirs 2019

   APPEL A CONTRIBUTION

 La création cinématographique africaine :

Essence(s), mémoire, contemporanéité et avenir

 

La problématique des fondements, des sources et des ressorts de la création cinématographique africaine, aujourd’hui plus qu’avant alors que triomphe la mondialisation et que se généralise l’uniformité des créations et des productions artistiques,  suscite des interrogations plus ou moins conscientes de la part des scénaristes et des réalisateurs, ainsi que des réflexions de la part des critiques et chercheurs du continent et d’ailleurs, faisant l’objet de nombreux articles et de nombreux colloques.   Un tel engouement autour de la question de l’essence (ou des essences) de la création cinématographique africaine qui se rattache de manière générale à celle de la création artistique africaine, traduit sans aucun doute l’importance de sa symbolique et de sa portée, ainsi que des enjeux qui en découlent.

Cette préoccupation  a certes toujours été présente, arborant même un caractère militant au début des années 60, mais elle est devenue épique avec le quasi achèvement annoncé sinon avéré du projet de construction d’un imaginaire unique pour tous, géré par les Puissances de l’heure .

Et pourtant, les « pères fondateurs » du cinéma africain s’étaient donné pour credo de faire de ce cinéma né dans le fracas des luttes anti  coloniales et des  soubresauts de la phase néo coloniale, une arme de libération, de conscientisation, et de témoignage, d’en faire un cinéma résolument « national » au sens où l’entendait Frantz Fanon. Sembène Ousmane avec des films comme Borrom Sarret , La Noire de… , ou plus encore avec Camp de Thiaroye ,  Souleymane Cissé avec Baara ou Le Vent, Med Hondo avec Sarranouia, Sarah Maldoror avec Sambizanga, pour ne citer que ceux-là, se servaient du cinéma comme de véritables outils de guerre.

Toute création restant tributaire de son époque et de son environnement, se construisant en fonction des enjeux et des défis de son temps pour paraphraser Alexie Yeutchap,  la nouvelle génération de cinéastes qui émerge  à la fin de la décennie 80 semble renoncer à vivre dans l’obsession de « bâtir » ou « construire » une Nation véritablement indépendante,  à la différence de leurs prédécesseurs.  Dans la foulée de Bal Poussière de Henri Duparc, film  incontestablement parmi les chefs d’œuvre du cinéma africain pourtant interdit de sélection au Fespaco de Ouagadougou à sa sortie en 1989, les jeunes cinéastes africains tournent le dos au cinéma exclusivement militant, anti colonial et anti élites compradores, pour développer un cinéma davantage social, voire même simplement ludique, ce que fut Bal Poussière .

 

Pourtant, au-delà du droit à la différence et à la multiplicité des parcours et des formes, devant les stratégies de survie collective auxquelles nous contraignent les enjeux de l’heure, s’impose, quel que soit le genre que le cinéaste africain choisit, qu’il songe à la réhabilitation de l’Afrique et du monde noir, à sa re(mise) en selle dans cette bataille des Nations qui gagne chaque jour en importance et semble sceller notre fin d’hommes libres.  Les évolutions de la technique, des formes de production, de distribution et de diffusion, la rareté et la concentration des financements,  contraignent le créateur africain s’il veut continuer à exister encore, à évaluer ou à réévaluer l’essence ou les essences du-des cinéma-s africain-s, en associant à cet exercice salutaire. Au niveau de la réflexion, sont convoqués les critiques et chercheurs du continent, du monde noir et de ceux qui sont conscients du drame que signifierait la fin définitive de la différence. Cela implique de commencer par cerner cette essence, de tenter de la définir, d’identifier des sources d’inspiration susceptibles de contribuer à l’affirmation de cette part du monde qui est la nôtre, susceptibles de motiver et de galvaniser la jeunesse africaine, de dégager des perspectives d’avenir en déterminant les voies à emprunter pour assurer sa pérennité et son intégrité à la fois comme initiatrice de divertissement tout autant de conscientisation, au risque d’être contraints d’assister impuissants au spectacle ubuesque de notre noyade collective.

C’est à ce travail d’évaluation, de redéfinition, d’interrogation et éventuellement de tentative de réorientation de la création cinématographique africaine, que va se consacrer le colloque 2019 des Écrans Noirs à travers les axes suivants :

 

  • Essence(s), essentialisme et création en Afrique.
  • L’évaluation nécessaire du cinéma africain militant
  • Cinémas africains et défis de la mondialisation
  • Cinéma national : un concept dépassé ?
  • Cinéma et science-fiction en Afrique.
  • Les temps de la comédie et du comique
  • Imaginaires du futur
  • La question des genres dans le cinéma africain.
  • Cinéma et mémoires
  • L’histoire : une mine intarissable d’inspiration
  • Cinéma et cultures africaines
  • Cinéma et mythes fondateurs

 

Merci de bien vouloir faire parvenir vos propositions (300 à 500 mots) , simultanément à :

 

Délai de rigueur d’envoi : 12 juin 2019

Dates colloque : 16-17 juillet 2019

INTERNATIONAL SYMPOSIUM

Ecrans Noirs 2019

CALL FOR PAPER

Cinematographic creation:
Essence (s), memories, contemporaneity and future

 

As globalization triumphs, and the uniformity of artistic creations and productions becomes widespread, the issue of the foundations, sources and mechanisms of African cinematographic creation, today more than ever, raises conscious questions from writers and directors, as well as critics and researchers from the continent and elsewhere. It is the subject of numerous articles and seminars. Such enthusiasm on the issue of the essence (or essences) of African cinematographic creation, undoubtedly reflects the importance of its symbolism and its scope, as well as the issues arising from it.

This concern has certainly always been present, even sporting a militant character at the beginning of the 60s, but it has become epic with the almost announced, if not proven, completion project of building a unique imaginary for all, managed by the actual major powers.
And yet, the “founding fathers” of African cinema made it their credo, to make this cinema born in the tumult of anti-colonial struggles and the jolts of the neo colonial phase, a weapon of liberation, awareness and testimony, to make it a resolutely national cinema in the sense of Frantz Fanon. Sembene Ousmane with movies like Borrom Sarret or La Noire De… or even like Camp de Thiaroye, Souleymane Cissé with Baara or Le Vent, Med Hondo with Sarranouia, Sarah Maldoror with Sambizaga to name a few, used cinema as a real instrument of war.

Any creation remaining dependent on its time and environment, built on issues and challenges of his time to paraphrase Alexie Tcheuyap, the new generation of filmmakers emerging at the end of the 80s seems to be abandoning their obsession with “building ” a truly independent nation, unlike their predecessors. In the stride of Bal Poussière, undoubtedly one masterpiece of the African Cinema, however banned from the Fespaco when it was released in 1989, young african filmmakers turn their backs on the exclusively militant, anti-colonial and anti-elites cinema, to develop a more social cinema.
Yet , beyond the right to difference and the multiplicity of paths and forms, in front of the collective survival strategies which the actual stakes forces on us , the African filmmaker has to think of the rehabilitation of Africa and the Black world , and to its return in this battle of the Nations which gains in importance everyday, and seems to seal the end of our freedom as human being.

Technological evolutions, as well as forms of production, distribution and diffusion, and the scarcity and concentration of funding, require from the African creator to evaluate or reevaluate the essence (or essences) of African cinema, if he wants to continue to exist, by joining this salutary exercise. At the reflection’s level, are summoned the critics and researchers of the continent, the black world and those who are aware of the drama that would mean the end of the difference. This implies to define this essence, to identify it as well as the sources of inspiration likely to contribute to the affirmation of our part of the world, capable of motivating and galvanizing the African Youth, to outline future prospects by determining the paths that needs to be taken to ensure its continuity and integrity, both as initiator of entertainment as much as awareness, at the risk of being forced to helplessly watch the sight of our collective drowning.

It is to this work of evaluation, of redefinition, of interrogation and possibly of attempt of reorientation of the African filmmaking, that will be devoted the 2019 symposium of Ecrans Noirs, through the following axes :

• Essence (s), essentialism and creation in Africa
• The necessary evaluation of militant African Cinema
• African cinemas and the challenges of globalization
• National cinema: an outdated concept?
• Cinema and science fiction in Africa
• The time of comedy .
• Imaginary of the future
• Gender issues in African cinema
• Cinema and memories
• History: an inexhaustible mine of inspiration
• Cinema and founding myths

Kindly simultaneously send your abstract proposals (300 to 500 words) to the following addresses:

– tsgomomo@gmail.com
– dg@ecransnoirs.org
– colloque@ecransnoirs.org

 

Strict deadline: June 12 2019

Symposium dates : 16th to 7th of July 2019

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